Si vous avez demandé trois devis pour votre site internet, vous avez probablement reçu CHF 900, CHF 4'500 et CHF 18'000. Pour, en apparence, la même chose.
Ce n'est pas de l'arnaque. C'est que « un site internet » désigne des objets radicalement différents selon qui le fabrique. Cet article explique ce qui se cache derrière chaque fourchette, ce que vous obtenez réellement, et ce que personne ne vous annonce au moment de signer.
Nous sommes une agence web — nous avons donc un intérêt dans cette affaire. C'est précisément pour cela que nous affichons nos prix publiquement et que nous allons vous dire aussi dans quels cas il ne faut pas nous appeler.
Les cinq modèles du marché romand, et ce qu'ils valent
Les constructeurs en ligne : CHF 180 à 700 par an
Wix, Squarespace, Jimdo, Webflow en formule basique. Vous choisissez un modèle, vous remplacez les textes et les images, c'est en ligne le soir même.
Ce que vous obtenez vraiment : un site correct visuellement, en ligne très vite, pour un coût dérisoire. C'est un excellent moyen de valider une idée ou d'exister en ligne quand on démarre.
Ce que vous n'obtenez pas : de la performance. Ces plateformes chargent beaucoup de code générique, et il est structurellement difficile d'y passer les Core Web Vitals au vert. Sur des recherches disputées, cela vous plafonne. Vous n'obtenez pas non plus une architecture pensée pour le référencement — vous obtenez les pages que le modèle prévoyait.
Le bon cas : vous démarrez, votre acquisition passe par le bouche-à-oreille ou les réseaux sociaux, et le site sert de carte de visite. Franchement, faites ça. Vous n'avez pas besoin d'une agence.
Le mauvais cas : votre marché se joue sur Google et vos concurrents y sont bien placés. Vous allez plafonner, et il faudra tout refaire.
Le freelance : CHF 800 à 3'500
C'est souvent le meilleur rapport qualité-prix du marché. Un bon freelance romand facture entre CHF 600 et 1'200 par jour et livre un travail sérieux.
Nous avons comparé en détail les trois modèles — agence locale, freelance et offshore — dans comment choisir sans se tromper.
Le vrai risque n'est pas la qualité, c'est la continuité. Un freelance qui tombe malade, part en vacances, décroche un contrat plus gros ou change de métier laisse votre site sans personne. Nous récupérons régulièrement des sites dont plus personne n'a les accès.
Comment le gérer : exigez dès le départ tous les accès à votre nom (domaine, hébergement, dépôt de code), et une documentation écrite. Cela ne coûte rien et change tout le jour où la relation s'arrête.
L'agence offshore : CHF 300 à 1'500
Des offres très visibles, souvent par démarchage téléphonique ou LinkedIn.
Le calcul semble imbattable. En pratique, nous voyons revenir ces sites dans les dix-huit mois : français approximatif dans les textes, aucune connaissance des habitudes suisses — TWINT absent, formats d'adresse faux, TVA mal configurée — et surtout un décalage horaire qui rend chaque correction interminable.
Le coût réel n'est pas le prix payé. Un site à CHF 800 à refaire dans un an vous a coûté CHF 800 plus une année de visibilité perdue plus le prix du vrai site. Le calcul est rarement favorable.
L'agence locale : CHF 1'500 à 8'000
C'est la fourchette la plus courante en Suisse romande pour un site vitrine professionnel. Les entrées de gamme publiées tournent autour de CHF 1'200 à 2'000 ; au-delà, on paie de la structure.
À ce niveau, vous payez pour quatre choses : un design réellement conçu pour vous, une architecture pensée à partir des recherches de vos clients, une exécution technique propre, et quelqu'un qui répond quand vous appelez dans six mois.
Les agences genevoises et lausannoises facturent 15 à 20 % de plus que celles installées à Fribourg ou en périphérie, pour des coûts de structure plus élevés. À prestation égale, l'écart ne se justifie pas au-delà.
La grande agence : CHF 15'000 à 60'000
Stratégie de marque, recherche utilisateur, direction artistique, production photo et vidéo, développement, campagnes. C'est un autre métier.
C'est justifié pour une marque nationale qui lance un produit. Pour une PME romande de dix personnes, c'est surdimensionné : vous paierez une structure et des processus dont vous n'avez pas l'usage.
Combien pour quel type de site
| Type de site | Fourchette réaliste | Délai |
|---|---|---|
| Site vitrine 5 pages | CHF 2'000 – 4'000 | 2 à 3 semaines |
| Site vitrine 10–15 pages avec blog | CHF 4'000 – 8'000 | 3 à 5 semaines |
| Site multilingue (2 langues) | + CHF 900 – 2'500 | + 1 semaine |
| Boutique en ligne (jusqu'à 200 produits) | CHF 5'000 – 15'000 | 5 à 8 semaines |
| Boutique 200+ produits, intégrations | CHF 15'000 – 50'000 | 8 à 16 semaines |
| Refonte avec migration SEO | CHF 3'000 – 9'000 | 3 à 6 semaines |
| Application web métier | CHF 15'000 – 80'000 | 2 à 6 mois |
Ces fourchettes correspondent au marché romand en 2026. Un devis très en dessous doit vous faire poser des questions ; très au-dessus aussi.
Les coûts récurrents que personne n'annonce
C'est ici que les mauvaises surprises arrivent. Le prix de création n'est pas le coût du site.
| Poste | Coût annuel | Obligatoire ? |
|---|---|---|
| Nom de domaine .ch | CHF 10 – 20 | Oui |
| Hébergement | CHF 0 – 600 | Oui |
| Certificat SSL | CHF 0 | Inclus partout aujourd'hui |
| Maintenance WordPress | CHF 400 – 1'800 | En pratique, oui |
| Maintenance site statique | CHF 0 – 1'100 | Non |
| Accompagnement SEO | CHF 4'000 – 48'000 | Non |
| Licences d'extensions | CHF 100 – 600 | Selon la stack |
Deux remarques qui comptent.
Le domaine doit être à votre nom. Certains prestataires l'enregistrent au leur. Le jour où vous partez, la négociation est très déséquilibrée. Vérifiez-le maintenant, sur nic.ch, cela prend trente secondes.
La maintenance dépend de la technologie. Le calcul complet sur trois ans figure dans notre comparaison WordPress ou Next.js. Un WordPress demande des mises à jour régulières — cœur, thème, extensions — parce que chaque composant est une porte d'entrée potentielle. Un site en pages statiques n'a ni base de données, ni extensions, ni back-office public : la charge de sécurité est structurellement différente. C'est l'un des arguments les plus sous-estimés dans le calcul du coût total.
Attention aux formules « à partir de CHF 150 par mois »
Ces offres se multiplient en Suisse romande. Le principe : pas d'investissement initial, un abonnement mensuel sur 12 ou 36 mois.
Lisez le contrat sur un point précis : à qui appartient le site ? Dans la plupart de ces formules, il reste la propriété de l'agence pendant toute la durée. Vous louez. Si vous arrêtez de payer, le site disparaît, et le rachat se négocie à des conditions rarement favorables.
Faites le calcul : CHF 150 par mois sur 36 mois, c'est CHF 5'400 — pour un site que vous ne possédez pas au bout du compte. Le même budget en achat direct vous donne un site de qualité supérieure, qui vous appartient dès le premier jour.
Ces formules ne sont pas malhonnêtes en soi, à condition que le mécanisme soit clairement expliqué. Il l'est rarement.
Les cinq questions à poser avant de signer
- Le site m'appartient-il entièrement, et à partir de quand ? Code, contenus, domaine, accès. La réponse doit être « oui, dès le solde payé », sans nuance.
- Que se passe-t-il si je veux changer de prestataire dans deux ans ? Un bon prestataire répond sans se crisper. Une hésitation est un signal.
- Quels sont exactement les coûts récurrents ? Faites détailler chaque ligne, en francs, sur trois ans.
- Qui rédige les textes ? C'est la première source de dépassement et de retard. Si ce n'est pas écrit dans le devis, ce n'est pas inclus.
- Que couvre le support après la mise en ligne, et pendant combien de temps ? « On reste disponibles » n'est pas un engagement.
Comment nous nous situons
Nous facturons CHF 690 pour un site de 5 pages, CHF 1'390 pour un site de 15 pages avec blog et stratégie SEO, CHF 2'440 pour une boutique en ligne. C'est nettement sous la fourchette d'entrée des agences romandes, qui démarre autour de CHF 1'500.
Comment ? Nous avons industrialisé la partie répétitive du travail — décliner une maquette sur tous les écrans, intégrer les pages, produire les premiers jets rédactionnels, traduire, poser le balisage — grâce à l'intelligence artificielle. Ce sont exactement les heures qu'une agence facture le plus cher. Nous avons mesuré le gain à environ 30 % du temps de production, et nous avons baissé nos prix du même pourcentage : la totalité est répercutée, rien n'est gardé en marge. S'y ajoute une structure légère : pas de bureaux en centre-ville, pas de chef de projet intermédiaire, pas d'équipe commerciale.
Ce que nous ne faisons pas : revendre un template, sous-traiter à l'étranger, ou garder la propriété de votre site. Le positionnement, l'architecture et les décisions éditoriales restent entièrement humains — c'est là que se joue la valeur.
Il existe tout de même moins cher que nous : un Squarespace monté par vos soins, ou un template installé à CHF 500. Si votre acquisition ne passe pas par Google, faites ça. C'est un conseil sincère et nous le donnons régulièrement.
Et si vous hésitez, la maquette de votre page d'accueil est remboursée si elle ne vous convainc pas. C'est la seule façon honnête que nous ayons trouvée de vendre quelque chose d'aussi difficile à évaluer à l'avance.